2016, un millésime à haut stress - Les Actualités de Berger-Rive

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2016, un millésime à haut stress


L’année dernière, à la même époque, nous vous parlions du millésime 2015 béni des dieux. Eh bien! Cette année, jusqu’aux premiers jours de juillet tout laissait à croire que 2016 serait un millésime banni par les dieux. En effet, le 28 avril au matin, les visages vignerons sont fermés, les traits tirés : à quelques jours des fameux saints de glace le vignoble bourguignon a subi trois nuits de suite des températures négatives. Chaque pousse gelée représente une perte de plusieurs raisins. C’est la catastrophe : la Bourgogne subit le plus important épisode de gel depuis 1981, avec plusieurs milliers d’hectares sévèrement touchés. Mais les nerfs des vignerons n’ont pas eu de répit. Le printemps doux et pluvieux que nous avons vécu, s’est présenté comme un terrain de jeu idéal pour les maladies de la vigne et notamment un ennemi bien connu : le mildiou. La lutte a été longue et intense jusqu’à la fin juin. Au domaine nous avons tenu bon, même si ces quelques mois n’ont pas été sans sueurs froides. Comme le dit le fameux adage, jamais deux sans trois. La grêle s’est donc invitée à la fête, faisant trembler une nouvelle fois tout le vignoble, ravageant des centaines d’hectares dans le chablisien, mais également dans le mâconnais et quelques secteurs de la Côte de Beaune. Certaines de nos vignes en portaient les stigmates, certes légers mais bien présents pour nous rappeler que l’épée de Damoclès est toujours au-dessus de nos têtes. Dernier acte : fin juin, il était temps de mettre fin à ce suspens insoutenable. Se sont succédés un mois de juillet relativement sec, un mois d’août sec et chaud, puis un mois de septembre doux et à la pluviométrie providentielle : 60 à 80 mm de pluie 15 jours avant les vendanges, qui ont débloqué les maturités alors que la vigne commençait à souffrir. Nous avons donc commencé les vendanges le 24 septembre pour les finir 7 jours plus tard dans des conditions climatiques idéales. A l’heure où nous vous écrivons, les vinifications s’achèvent. Et nous pouvons déjà dresser un bilan de ce millésime au scénario très romanesque. La plupart de nos vignes gelées nous ont surpris en reprenant le dessus et en nous gratifiant de beaux raisins, en quantité honorable. Certaines, dont notre tant aimé « Clos des Dames » n’ont malheureusement pas inversé le cours des choses et n’avaient que quelques grappes disséminées ici et là. En quelques mots, à l’échelle de notre domaine les pertes de récolte sont bien moindres qu’escomptées suite au gel, ce qui n’est pas le cas de tous nos confrères bourguignons. En effet la région s’apprête à vivre des heures difficiles du fait d’une récolte historiquement faible. En revanche, le millésime laisse entrevoir un très beau potentiel qualitatif, dont nous observons les prémisses dans nos caves. Vous l’aurez compris, c’est avec beaucoup de gratitude pour nos vignes et la clémence de la nature dans le dernier acte, que nous finissons cette année 2016.